{"id":270,"date":"2023-04-12T17:58:10","date_gmt":"2023-04-12T15:58:10","guid":{"rendered":"https:\/\/azote.com\/wordpress\/?page_id=270"},"modified":"2023-04-12T17:58:10","modified_gmt":"2023-04-12T15:58:10","slug":"les-moissons","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/les-moissons\/","title":{"rendered":"les moissons"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La coupe du bl\u00e9, de l&rsquo;avoine, de l&rsquo;orge&#8230; \u00e9tait pratiqu\u00e9e de differentes fa\u00e7ons\u00a0au fil\u00a0des ann\u00e9es soit\u00a0\u00e0 l&rsquo;aide\u00a0 d&rsquo;une :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>faux \u00e9quip\u00e9e d&rsquo;une griffe pour rabattre le bl\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>faucheuse \u00e9quip\u00e9e d&rsquo;une \u00ab\u00a0javelleuse\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>moissonneuse-lieuse<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>On lie le bl\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant les moissons, on pr\u00e9parait les liens qui servaient \u00e0 maintenir les javelles pour confectionner les gerbes. Ceux-ci en bois de ch\u00e2taignier trempaient dans le bassin du village.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;une des extr\u00e9mit\u00e9s, on lui donnait la forme d&rsquo;une boucle et \u00e0 l&rsquo;autre, on nouait, avec beaucoup d&rsquo;art, une \u00ab\u00a0poign\u00e9e\u00a0\u00bb de paille de seigle. Le lien \u00e9tait pos\u00e9 sur le sol, et les \u00ab\u00a0javelles\u00a0\u00bb s&rsquo;entassaient bien au milieu alternativement, un \u00e9pi d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 puis de l&rsquo;autre. Un homme les maintenait pour \u00ab\u00a0monter\u00a0\u00bb la gerbe. Il avait mis un tablier \u00e9pais pour prot\u00e9ger son pantalon de travail contre les risques d&rsquo;accrocs.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la gerbe \u00e9tait jug\u00e9e assez grosse, on prenait le lien pos\u00e9 \u00e0 terre et une seconde personne aidait \u00e0 passer la paille dans la boucle (apr\u00e8s avoir tass\u00e9 au maximum les javelles) par un bon coup de genou et effectuait un n\u0153ud solide pour le transport.<\/p>\n\n\n\n<p>Les gerbes \u00e9taient mises debout pour le s\u00e9chage en attendant d&rsquo;\u00eatre charg\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les gerbes sont charg\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les gerbes sont charg\u00e9es dans la voiture \u00e0 \u00e9chelle : 4 dans le fond, 2 fois 4 en dessus, attach\u00e9es par 4 cordes.<\/p>\n\n\n\n<p>Elles \u00e9taient engrang\u00e9es \u00e0 l&rsquo;abri en attendant la batteuse dans la deuxi\u00e8me quinzaine de septembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre temps avait lieu la b\u00e9n\u00e9diction des r\u00e9coltes et de la maison. Monsieur le Cur\u00e9 passait de maison en maison, accompagn\u00e9 d&rsquo;un enfant de ch\u0153ur et entrait dans la grange, lisait la pri\u00e8re et aspergeait d&rsquo;eau b\u00e9nite.<\/p>\n\n\n\n<p>On avait pris soin de balayer l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur et les femmes \u00ab\u00a0en tenue des dimanches\u00a0\u00bb accueillaient le pr\u00eatre avec le cierge \u00e0 la main.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;arriv\u00e9e de la batteuse dans le village \u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La f\u00eate \u00e9tait grande pour les enfants tant ce jour \u00e9tait attendu : on manquait de loisirs \u00e0 cette \u00e9poque ! et les distractions \u00e9taient rares ! ..<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la ferme qui \u00ab\u00a0recevait\u00a0\u00bb la batteuse, chacun avait sont travail. Les hommes pr\u00e9paraient l&rsquo;endroit o\u00f9 stationneraient batteuse et tracteur, ainsi qu le grenier o\u00f9 le coffre \u00e0 grain dans lequel serait stock\u00e9 le grain : bl\u00e9, avoine, orge.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes v\u00e9rifiaient les sacs destin\u00e9s \u00e0 recevoir le bl\u00e9 sortant directement de la batteuse. Pour cela, elles les raccommodaient avec du raphia, ou remettaient des pi\u00e8ces lorsque les trous \u00e9taient trop importants.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, le casse-cro\u00fbte du matin ou les 4 heures, le repas de midi ou du soir \u00e9taient leur plus lourd travail. Les tabl\u00e9es \u00e9taient grandes !<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait un jour de grande activit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9nervement, mais aussi une p\u00e9riode de grande solidarit\u00e9 car on se rendait le service de maison en maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois la batteuse arriv\u00e9e, il fallait la placer au bon endroit de fa\u00e7on \u00e0 ce que l&rsquo;aplomb soit parfait. La batteuse \u00e9tait entra\u00een\u00e9e par une grande courroie reli\u00e9e \u00e0 la poulie du tracteur. A certains endroits, la batteuse fermait compl\u00e8tement chemin vicinal, mais c&rsquo;\u00e9tait la priorit\u00e9. A cette \u00e9poque le trafic automobile \u00e9tait pratiquement inexistant.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le tracteur d\u00e9marrait dans le bruit et les soubresauts bien caract\u00e9ristiques de son moteur, toute la machinerie se mettait en \u00ab\u00a0route, ou en branle\u00a0\u00bb.<br>Apr\u00e8s quelques v\u00e9rifications d&rsquo;usage, le travail pouvait commencer. Les sacs \u00e9taient fix\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de la batteuse \u00e0 chaque sortie de grains. Une douzaine d&rsquo;hommes \u00e9tait n\u00e9cessaire pour les diff\u00e9rentes op\u00e9rations, mouchoir de travail nou\u00e9 autour du cou pour \u00e9viter le picotement des poussi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Les uns montaient les gerbes sur la batteuse, \u00e0 dos, par une \u00e9chelle, les autres \u00ab\u00a0enlevaient et rangeaient\u00a0\u00bb les bottes de paille au fur et \u00e0 mesure de leur sortie. Cette paille servait de liti\u00e8re. Les plus forts transportaient les sacs de grains sur l&rsquo;\u00e9paule : 100 kg et quelquefois plus ! Les plus jeunes travaillaient sur la batteuse \u00ab\u00a0le pont\u00a0\u00bbpr\u00e9sentant \u00e0 l&rsquo;engreneur : javelle par javelle, les \u00e9pis en premier, le bl\u00e9, l&rsquo;avoine ou l&rsquo;orge.<\/p>\n\n\n\n<p>Suivant les saisons et le degr\u00e9 d&rsquo;humidit\u00e9 de la paille, le battage se faisait dans une poussi\u00e8re \u00e9paisse et tenace. Les poumons bien encombr\u00e9s et les gosiers bien secs \u00e9taient \u00ab\u00a0soign\u00e9s\u00a0\u00bb au vin de Sevrier qui en plus de ses vertus th\u00e9rapeutiques assurait des fins de journ\u00e9e euphoriques !<\/p>\n\n\n\n<p>La balle du bl\u00e9 \u00a0\u00bb la peuffe \u00a0\u00bb tombait par terre et une personne (quelquefois une femme) la rassemblait dans de grands carr\u00e9s de toile \u00ab\u00a0les tapets\u00a0\u00bb et l&#8217;emmenait sur son dos, pour la stocker dans la grange. Cette \u00ab\u00a0peuffe\u00a0\u00bb servait de liti\u00e8re. Elle \u00e9tait aussi m\u00e9lang\u00e9e aux betteraves r\u00e2p\u00e9es que l&rsquo;on donnait aux vaches durant l&rsquo;hiver.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail termin\u00e9, la batteuse s&rsquo;installait de nouveau, de maison en maison.<\/p>\n\n\n\n<p>La batteuse et le tracteur appartenaient \u00e0 des entrepreneurs. La mise en service de la batteuse exigeait beaucoup de main-d&rsquo;\u0153uvre que seules l&rsquo;entre aide et la solidarit\u00e9 permettaient de rassembler. Le progr\u00e8s aidant, ces entrepreneurs dans les ann\u00e9es 1960, ont petit \u00e0 petit remplac\u00e9 leur batteuse par des moissonneuses-batteuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ceux qui ont v\u00e9cu ces p\u00e9riodes, seul le souvenir redonnera l&rsquo;atmosph\u00e8re de ces moments rudes dans une ambiance rieuse, de ces odeurs de paille m\u00eal\u00e9e \u00e0 celle de la poussi\u00e8re et du gas-oil, sans oublier les parfums de la cuisine mijot\u00e9e, au moment de se mettre \u00e0 table.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Auteur de ce r\u00e9cit : Jeannot Lyonnaz, Septembre 2008<br>R\u00e9daction : Monique LAMY<br>Illustration : Andr\u00e9 PERROT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La coupe du bl\u00e9, de l&rsquo;avoine, de l&rsquo;orge&#8230; \u00e9tait pratiqu\u00e9e de differentes fa\u00e7ons\u00a0au fil\u00a0des ann\u00e9es soit\u00a0\u00e0 l&rsquo;aide\u00a0 d&rsquo;une : On lie le bl\u00e9 Avant les moissons, on pr\u00e9parait les liens qui servaient \u00e0 maintenir les javelles pour confectionner les gerbes. Ceux-ci en bois de ch\u00e2taignier trempaient dans le bassin du village. A l&rsquo;une des extr\u00e9mit\u00e9s, &hellip; <a href=\"http:\/\/azote.com\/wordpress\/les-moissons\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">les moissons<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/270"}],"collection":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=270"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/270\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":272,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/270\/revisions\/272"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}