{"id":264,"date":"2023-04-12T17:50:32","date_gmt":"2023-04-12T15:50:32","guid":{"rendered":"https:\/\/azote.com\/wordpress\/?page_id=264"},"modified":"2023-04-12T17:50:32","modified_gmt":"2023-04-12T15:50:32","slug":"de-lhiver-au-printemps","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/de-lhiver-au-printemps\/","title":{"rendered":"de l&rsquo;hiver au printemps"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les prestations.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Durant l&rsquo;hiver et au d\u00e9but de printemps, la municipalit\u00e9 profitait de cette p\u00e9riode o\u00f9 les hommes n&rsquo;\u00e9taient pas occup\u00e9s aux travaux des champs pour r\u00e9aliser des travaux de voirie (curage des foss\u00e9s, empierrement des chauss\u00e9es, entretien des chemins forestiers, etc.) avec la participation de volontaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, les petites communes ne disposaient pas d&#8217;employ\u00e9s permanents en nombre, tout au plus un garde-champ\u00eatre qui, outre ses missions de police rurale, assurait diverses t\u00e2ches dont celle de cantonnier, d&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;embaucher des travailleurs occasionnels. Ces travaux s&rsquo;effectuaient sous forme de \u00ab\u00a0PRESTATIONS\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les contribuables pouvaient opter soit pour le paiement de l&rsquo;imp\u00f4t foncier, soit s&rsquo;acquitter en nature dudit imp\u00f4t en fournissant une prestation de service au profit de la Commune. L&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 recevait alors un avis du directeur des contributions directes fixant le nombre de journ\u00e9es de travail qu&rsquo;il devait fournir en contrepartie du non-paiement de l&rsquo;imp\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique a eu cours jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1930. Par la suite, le syst\u00e8me compensatoire entre imp\u00f4t et prestations de service a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les employ\u00e9s occasionnels, principalement des agriculteurs, recevaient un salaire, ce qui repr\u00e9sentait un apport d&rsquo;argent appr\u00e9ciable surtout pour les jeunes, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;argent de poche n&rsquo;\u00e9tait pas abondant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Auteur de ce r\u00e9cit : Jeannot Lyonnaz, Septembre 2008<br>R\u00e9daction : Monique LAMY<br>Illustration : Andr\u00e9 PERROT<\/p>\n\n\n\n<p>document original de l&rsquo;\u00e9poque<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Faire les feuilles.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de l&rsquo;hiver, dans les vergers, les prairies de fauche, les ch\u00e2taigneraies, les feuilles mortes jonchent le sol en \u00e9pais tapis.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de favoriser la repousse de l&rsquo;herbe et \u00e9viter la propagation de mauvaises graines, l&rsquo;un des premiers travaux du printemps \u00e9tait le ramassage des feuilles mortes accompli g\u00e9n\u00e9ralement par les femmes et les enfants, \u00e0 l&rsquo;aide du \u00ab\u00a0petit r\u00e2teau\u00a0\u00bb en bois. Les feuilles rassembl\u00e9es dans un \u00ab\u00a0tapet\u00a0\u00bb (grand drap en toile de jute) \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9es en tas dans un coin du terrain pour \u00eatre br\u00fbl\u00e9es. Elles \u00e9taient quelquefois utilis\u00e9es pour la liti\u00e8re du b\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab\u00a0\u00e9baux\u00a0\u00bb (feux) d\u00e9gageaient une fum\u00e9e \u00e2cre, odeur d&rsquo;humus et de terre br\u00fbl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9e, d\u00e9montre avec quel soin on entretenait le moindre arpent de terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La cueillette des pissenlits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les premiers jours de mars, parfois d\u00e8s f\u00e9vrier, les femmes allaient r\u00e9colter les pissenlits dans les pr\u00e9s, de pr\u00e9f\u00e9rence dans les taupini\u00e8res o\u00f9 la tige de pissenlit \u00e9tait la plus tendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Puissant tonique, nettoyeur du sang, stimulant de la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire, capable de r\u00e9veiller tout organisme qu&rsquo;une alimentation riche et le manque d&rsquo;exercice ont rendu paresseux durant l&rsquo;hiver.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re salade verte de la saison, elle \u00e9tait tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 la table familiale, mais la majeure partie de la r\u00e9colte \u00e9tait vendue sur le march\u00e9 d&rsquo;Annecy.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses jeunes feuilles sont utilis\u00e9es en salade<\/p>\n\n\n\n<p>avec des cro\u00fbtons des lardons et des oeufs durs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Labourage et paturage.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le courant du mois de mars, d\u00e8s que la terre \u00e9tait suffisamment \u00ab\u00a0essuy\u00e9e\u00a0\u00bb (s\u00e9ch\u00e9e), le fumier provenant des \u00e9tables \u00e9tait transport\u00e9 dans les champs de labours en utilisant le tombereau ou la \u00ab\u00a0voiture \u00e0 planche\u00a0\u00bb (char \u00e0 plateau \u00e0 4 roues avec des ridelles en planche) tir\u00e9s par le cheval. Tous les 10 ou 15 m\u00e8tres, le fumier \u00e9tait d\u00e9pos\u00e9 en tas en prenant soin de les recouvrir d&rsquo;un peu de terre pour limiter le dess\u00e8chement dans l&rsquo;attente de l&rsquo;\u00e9pandage au trident.<\/p>\n\n\n\n<p>Suivaient fin mars, d\u00e9but avril, les labours pour les semis de c\u00e9r\u00e9ales de printemps (orge et avoine), de betteraves destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;alimentation du b\u00e9tail et des pommes de terre.<\/p>\n\n\n\n<p>La charrue \u00ab\u00a0brabant\u00a0\u00bb \u00e9tait tir\u00e9e par deux chevaux. Or, \u00e0 Sevrier, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un cheval de trait par exploitation. C&rsquo;est l&rsquo;entre aide r\u00e9ciproque qui pourvoyait \u00e0 la formation compl\u00e8te de l&rsquo;attelage en utilisant le cheval du voisin (\u00ab\u00a0faire charrue\u00a0\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que l&rsquo;herbe commen\u00e7ait \u00e0 reverdir, la herse (cadre en bois de forme triangulaire \u00e9quip\u00e9 de grosses pointes en fer) tir\u00e9e par le cheval \u00e9tait utilis\u00e9e dans les prairies pour a\u00e9rer le sol, enlever l&rsquo;herbe s\u00e8che et aplanir les taupini\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Au hersage succ\u00e9dait le passage du rouleau (en fer ou en bois) afin de favoriser le \u00ab\u00a0talage\u00a0\u00bb des gramin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame op\u00e9ration \u00e9tait effectu\u00e9e dans les champs de bl\u00e9 pour rem\u00e9dier au d\u00e9chaussement provoqu\u00e9 par les gel\u00e9es d&rsquo;hiver. Ces travaux laissaient une trace \u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans le paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;herbe couch\u00e9e apr\u00e8s le passage de la herse ou du rouleau formait des bandes de teintes contrast\u00e9es, tel un damier.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la deuxi\u00e8me quinzaine d&rsquo;avril et d\u00e9but mai, c&rsquo;\u00e9tait la plantation des pommes de terre, suivie des semis de betteraves fourrag\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le potager.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les jardins potagers avaient une grande importance \u00e0 Sevrier. Outre pour satisfaire les besoins de la consommation familiale, une part importante de la production \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 la vente sur les march\u00e9s d&rsquo;Annecy. Elle constituait un compl\u00e9ment de revenus non n\u00e9gligeable pour les paysans sevriolains.<br>Les travaux du potager, la pr\u00e9paration des l\u00e9gumes pour les march\u00e9s, la vente, repr\u00e9sentaient de nombreuses heures de travail du d\u00e9but du printemps \u00e0 la fin de l&rsquo;automne, sans oublier le temps du trajet entre Sevrier et Annecy.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque dans les ann\u00e9es 1950, on s&rsquo;y rendait \u00e0 pied en poussant le \u00ab\u00a0baraut\u00a0\u00bb (charrette en bois \u00e0 deux roues) ou avec le \u00ab\u00a0char \u00e0 banc\u00a0\u00bb tir\u00e9 par le cheval.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans les vignes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la d\u00e9cennie 1950-1960, les coteaux bien expos\u00e9s (Chantemerle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le Bessard\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les C\u00f4tes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les Vignes rouges\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les Grands vignobles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les Vignettes\u00a0\u00bb) \u00e9taient occup\u00e9s par la vigne pour la production d&rsquo;un vin rouge pour la consommation familiale. La forte pente et le morcellement ne permettaient pas l&rsquo;utilisation d&rsquo;engins motoris\u00e9s ou tract\u00e9s par un cheval.<br>Tous les travaux se faisaient manuellement.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>A la fin de l&rsquo;hiver, on proc\u00e9dait \u00e0 la taille des sarments.<\/li>\n\n\n\n<li>Venait ensuite un travail fort p\u00e9nible : la remont\u00e9e de la terre. Sous l&rsquo;effet du ravinement caus\u00e9 par les pluies, la terre \u00e9tait entra\u00een\u00e9e vers le pied de la vigne.On remontait la terre en utilisant la \u00ab\u00a0benette\u00a0\u00bb (ou casse-cou). La \u00ab\u00a0benette\u00a0\u00bb \u00e9tait constitu\u00e9e d&rsquo;un grand panier en osier fix\u00e9 sur deux bras en bois, en forme de V que l&rsquo;on chargeait sur les \u00e9paules. Cette m\u00eame \u00ab\u00a0benette\u00a0\u00bb servait \u00e9galement \u00e0 transporter le fumier dans les rangs de vigne.<\/li>\n\n\n\n<li>Courant avril, il fallait \u00ab\u00a0luper\u00a0\u00bb (d\u00e9sherber) avec \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tarpon\u00a0\u00bb (sarcloir).<\/li>\n\n\n\n<li>Dans la premi\u00e8re quinzaine du mois de mai \u00ab\u00a0les fosseresons\u00a0\u00bb (b\u00eachage) avec le \u00ab\u00a0b\u00e9char\u00a0\u00bb (outil \u00e0 trois ou quatre dents) permettait de retourner la terre et d&rsquo;enfouir le fumier. On mettait \u00e0 profit cette op\u00e9ration pour remplacer les \u00ab\u00a0pass\u00e9s\u00a0\u00bb (piquets en bois de ch\u00e2taignier) en mauvais \u00e9tat.<\/li>\n\n\n\n<li>Puis, en juin avec les premi\u00e8res grosses chaleurs, les rameaux des ceps d\u00e9j\u00e0 longs \u00e9taient assembl\u00e9s et attach\u00e9s au piquet avec de la paille de seigle, paille provenant des villages de montagne voisins (Entreverne, Saint-Eustache, etc.)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>-Venaient ensuite les sulfatages (pulv\u00e9risation de sulfate de cuivre) afin de pr\u00e9venir les attaques du mildiou.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00ab\u00a0greffions\u00a0\u00bb de SEVRIER.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sevrier \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 sur les march\u00e9s d&rsquo;Annecy pour sa production de cerises.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cerisiers \u00e9tant des arbres de plein vent, n\u00e9cessitent l&#8217;emploi de grandes \u00e9chelles en bois pour la cueillette; ces fruits annoncent l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La cueillette co\u00efncidait avec le d\u00e9but des fenaisons d&rsquo;o\u00f9 un surcro\u00eet de travail pendant toute cette p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Auteur de ces r\u00e9cits : Jeannot Lyonnaz, Septembre 2008<br>R\u00e9daction : Monique LAMY<br>Illustration : Andr\u00e9 PERROT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les prestations. Durant l&rsquo;hiver et au d\u00e9but de printemps, la municipalit\u00e9 profitait de cette p\u00e9riode o\u00f9 les hommes n&rsquo;\u00e9taient pas occup\u00e9s aux travaux des champs pour r\u00e9aliser des travaux de voirie (curage des foss\u00e9s, empierrement des chauss\u00e9es, entretien des chemins forestiers, etc.) avec la participation de volontaires. En effet, les petites communes ne disposaient pas &hellip; <a href=\"http:\/\/azote.com\/wordpress\/de-lhiver-au-printemps\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">de l&rsquo;hiver au printemps<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/264"}],"collection":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=264"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":266,"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/264\/revisions\/266"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}