{"id":226,"date":"2023-04-12T17:14:11","date_gmt":"2023-04-12T15:14:11","guid":{"rendered":"https:\/\/azote.com\/wordpress\/?page_id=226"},"modified":"2023-04-12T17:14:11","modified_gmt":"2023-04-12T15:14:11","slug":"travaux-agricoles-et-transports","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/travaux-agricoles-et-transports\/","title":{"rendered":"travaux agricoles et transports"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>A Sevrier, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale, tous les travaux agricoles \u00e9taient ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 bras.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup l&rsquo;\u00e9taient en commun : exploitation de la for\u00eat communale (la coupe), labours, b\u00eachage de la vigne, portage de la terre, foins, moissons, vendanges, etc. \u2026<br>Parmi tous ces travaux longs et vari\u00e9s, le transport des r\u00e9coltes, des bois, de la terre, du fumier repr\u00e9sentait une grande part du temps de travail du paysan.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord, les chemins \u00e9taient, pour les meilleurs, seulement empierr\u00e9s et les rev\u00eatements goudronn\u00e9s \u00e9tant inconnus, leur entretien, surtout pour les chemins pentus, ravin\u00e9s par les pluies, \u00e9tait difficile.<br>La plupart des champs \u00e9taient desservis par des chemins de terre, \u00ab\u00a0les charreti\u00e8res\u00a0\u00bb. Les seuls moyens de transport \u00e9taient les chariots avec roues \u00e0 bandage et surtout les moyens de traction \u00e9taient faibles ; la majorit\u00e9 des paysans ne poss\u00e9dait que trois \u00e0 quatre vaches \u2026 et pas toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait donc ces b\u00eates qu&rsquo;on attelait \u00e0 une charrette au moyen de deux jougs car, contrairement aux b\u0153ufs qui ne portent qu&rsquo;un joug, la force de t\u00eate des vaches n&rsquo;est pas suffisante, deux jougs sont n\u00e9cessaires : un joug de t\u00eate et un joug de cou, celui-ci prenant appui sur la nuque.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut souligner que les vaches ne pouvaient pas \u00eatre attel\u00e9es \u00e0 certaines p\u00e9riodes de leur vie : sit\u00f4t apr\u00e8s le v\u00ealage, pendant l&rsquo;allaitement et en fin de gestation pour \u00e9viter un avortement. D&rsquo;ailleurs, ces b\u00eates lorsqu&rsquo;elles devaient fournir un gros effort ne donnaient que tr\u00e8s peu de lait.<br>Ainsi, bien des petites exploitations qui comptaient 3 \u00e0 4 vaches, se trouvaient sans moyen de traction \u00e0 certains moments parce que plusieurs vaches \u00e9taient pleines ou fra\u00eechement v\u00eal\u00e9es en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, \u00e0 cause des chemins pas toujours en bon \u00e9tat, de mauvais chemins de terre, des moyens de traction faibles et tr\u00e8s lents, les charges transport\u00e9es \u00e9taient faibles et le temps de transport consid\u00e9rable surtout si les champs \u00e9taient \u00e9loign\u00e9s de la ferme.<br>De rares exploitations poss\u00e9daient une paire de b\u0153ufs, cela avait deux avantages ; il \u00e9tait possible d&rsquo;effectuer un labour, alors que pour ce m\u00eame travail, 4 vaches \u00e9taient n\u00e9cessaires ; la charge tir\u00e9e par deux b\u0153ufs pouvait \u00eatre le triple de celle tir\u00e9e par deux vaches.<br>A Sevrier, il ne faut pas oublier que le c\u00f4t\u00e9 nord est tr\u00e8s resserr\u00e9 entre le lac et la montagne ; de plus, toute cette partie en pente \u00e9tait, au d\u00e9but du si\u00e8cle, couverte de vigne.<\/p>\n\n\n\n<p>Vivant en cercle ferm\u00e9, il y avait pour chaque famille, une n\u00e9cessit\u00e9 absolue d&rsquo;avoir des parcelles labourables, qui se trouvaient plus au sud.<br>Les habitants des villages de Chuguet, Letraz, le Cr\u00eat et m\u00eame du chef-lieu, poss\u00e9daient tous des terrains situ\u00e9s vers la Planche, le Brouillet et m\u00eame Cessenaz.<br>La presque totalit\u00e9 de la plaine des Mongets appartenait aux gens des hameaux du nord.<br>Ces terres \u00e9tant tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es de leurs fermes, ces paysans commenc\u00e8rent \u00e0 utiliser le cheval comme moyen de traction ; celui-ci ayant une marche beaucoup plus rapide que les b\u0153ufs ou les vaches ; attel\u00e9 \u00e0 une charrette, il peut m\u00eame trotter ; avec un cheval le temps de transport est r\u00e9duit.<br>Ainsi, l&rsquo;utilisation du cheval, s&rsquo;est d&rsquo;abord d\u00e9velopp\u00e9e, au nord, ou dans les fermes dont les parcelles \u00e9taient \u00e9loign\u00e9es, bien s\u00fbr, suivant les possibilit\u00e9s financi\u00e8res de l&rsquo;exploitation ; l&rsquo;achat d&rsquo;un cheval \u00e9tait une lourde charge et la perte, quelquefois, une vraie calamit\u00e9 pour le paysan. A cette \u00e9poque o\u00f9 les possibilit\u00e9s de soins \u00e9taient limit\u00e9es, la mort d&rsquo;un cheval n&rsquo;\u00e9tait pas rare : t\u00e9tanos \u00e0 la moindre blessure, souvent inaper\u00e7ue, ou maux de ventre, occlusion intestinale. ..<br>Dans chaque ferme, le cheval, achat tr\u00e8s lourd, animal indispensable et d\u00e9licat, \u00e9tait l&rsquo;objet de soins tr\u00e8s attentifs.<br>Des langues tr\u00e8s d\u00e9li\u00e9es, sinon mauvaises, laissaient entendre que certains se souciaient plus de la sant\u00e9 de leur cheval que de celle de leur \u2026.. \u00e9pouse ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le souci d&rsquo;\u00e9conomiser le temps pass\u00e9 sur les routes, g\u00e9n\u00e9rait quelques pratiques assez curieuses au premier abord.<br>Pour le transport des r\u00e9coltes, du fumier, les exploitants des hameaux du nord dont la plupart des champs se trouvait vers la Planche, le Brouillet, les Mongets, utilisaient toujours \u00e0 chaque d\u00e9placement, deux chariots accroch\u00e9s l&rsquo;un derri\u00e8re l&rsquo;autre et tra\u00een\u00e9s par un seul cheval. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der intriguait les passants surpris et \u00e9tonn\u00e9s.<br>La premi\u00e8re remarque \u00e0 faire est que ce secteur est \u00e0 peu pr\u00e8s plat, sans c\u00f4tes raides ou longues. Sur la route nationale, sans aucune voiture automobile \u00e0 cette \u00e9poque, les chariots roulaient facilement.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les paysans des hameaux du nord transportaient dans leurs champs \u00e9loign\u00e9s, le fumier, seul engrais massivement utilis\u00e9, le cheval pouvait raisonnablement tra\u00eener sur la route un char contenant un m\u00e8tre cube de fumier ; mais lorsque ce char arrivait sur le champ, surtout si la terre \u00e9tait meuble, celui-ci, avec des roues \u00e0 bandages \u00e9troits, s&rsquo;enfon\u00e7ait aussit\u00f4t et il fallait d\u00e9charger le fumier au bord du terrain et le reprendre une deuxi\u00e8me fois en petite quantit\u00e9.<br>Pour \u00e9viter ce travail inutile, on chargeait deux charrettes d&rsquo;un demi-m\u00e8tre cube chacune, attach\u00e9es l&rsquo;une derri\u00e8re l&rsquo;autre ; arriv\u00e9es au bord du champ, les charrettes \u00e9taient d\u00e9saccoupl\u00e9es et le cheval pouvait tirer le char avec un demi chargement, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la parcelle, au bon endroit. La premi\u00e8re charrette d\u00e9charg\u00e9e, le cheval \u00e9tait d\u00e9tel\u00e9 et remis \u00e0 l&rsquo;autre char pour le second d\u00e9chargement.<br>Pour les r\u00e9coltes, en particulier les gerbes de bl\u00e9, les betteraves fourrag\u00e8res, le foin, on proc\u00e9dait de la m\u00eame fa\u00e7on pour le transport de la r\u00e9colte \u00e0 la ferme. Ceci afin d&rsquo;\u00e9conomiser le temps consacr\u00e9 au transport.<br>Cette m\u00e9thode n&rsquo;\u00e9tait valable que pour les parcelles \u00e9loign\u00e9es de la maison, \u00e0 condition que le trajet se fasse sur une route empierr\u00e9e en bon \u00e9tat, sans c\u00f4tes prononc\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bois de chauffage ou les grumes du plateau du Semnoz, de la for\u00eat communale, exploit\u00e9s par les sevriolains \u00e9taient \u00e9vacu\u00e9s uniquement par la route d\u00e9partementale qui aboutit aux Marquisats, vers l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Annecy. Depuis Sevrier, un trajet en for\u00eat communale, avec l&rsquo;aller, le d\u00e9bardage, le chargement, le retour, demandait en moyenne 10 \u00e0 12 heures, sinon plus, pour les habitants de la Planche ou Cessenaz.<br>Le d\u00e9part de la ferme et l&rsquo;aller se faisaient toujours de nuit. Il fallait arriver sur le lieu de chargement \u00e0 la lev\u00e9e du jour. Le d\u00e9bardage effectu\u00e9 en tra\u00eenant les troncs, de l&rsquo;endroit d&rsquo;abattage \u00e0 la route, on chargeait le chariot au maximum de sa capacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la for\u00eat jusqu&rsquo;\u00e0 Annecy, la route \u00e9tant en pente r\u00e9guli\u00e8re, le probl\u00e8me de traction ne se posait pas, puisqu&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire de freiner constamment. Par contre, sur la partie du trajet Annecy-Sevrier, il y avait la \u00ab\u00a0c\u00f4te\u00a0\u00bb de Beau Rivage. Il n&rsquo;\u00e9tait pas possible \u00e0 un cheval de gravir cette \u00ab\u00a0mont\u00e9e\u00a0\u00bb apparemment insignifiante, avec un chariot lourdement charg\u00e9.<br>L\u00e0 encore, la difficult\u00e9 \u00e9tait r\u00e9solue par le travail en commun. Le transport du bois se faisait tr\u00e8s souvent \u00e0 plusieurs, entre voisins.<br>D&rsquo;abord, le chargement des lourds troncs \u00e9tait facilit\u00e9. En cas d&rsquo;accident, il y avait une assistance ou un soutien possible ; et pour franchir la \u00ab\u00a0c\u00f4te\u00a0\u00bb de Beau Rivage, on laissait un chariot au bord de la route.<br>A l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y avait aucun probl\u00e8me de circulation et l&rsquo;hiver, l&rsquo;h\u00f4tel \u00e9tait ferm\u00e9. On d\u00e9telait un cheval qui \u00e9tait plac\u00e9 \u00ab\u00a0en fl\u00e8che\u00a0\u00bb devant l&rsquo;autre et la c\u00f4te \u00e9tait gravie facilement, avec deux chevaux par chariot.<br>Au sommet de la mont\u00e9e, au Bessard, le premier char \u00e9tait plac\u00e9 en attente pendant que les deux chevaux allaient chercher l&rsquo;autre chargement rest\u00e9 au bas.<br>On estimait \u00e9conomiser un \u00ab\u00a0voyage\u00a0\u00bb sur trois par cette m\u00e9thode d&rsquo;ailleurs souvent utilis\u00e9e pour d&rsquo;autres transports, en d&rsquo;autres lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s rares \u00e9taient \u00e0 Sevrier les exploitations agricoles qui poss\u00e9daient deux chevaux. En plus de la traction des charrettes, les chevaux \u00e9taient indispensables pour les labours qui exigeaient au minimum deux b\u00eates.<br>Il \u00e9tait donc impossible de labourer sans entente avec un voisin. Mais il fallait que, non seulement, les hommes s&rsquo;accordent mais aussi que les deux chevaux s&rsquo;acceptent et se connaissent, sinon on risquait qu&rsquo;ils se battent.<br>Il \u00e9tait aussi n\u00e9cessaire d&rsquo;atteler de front deux animaux de m\u00eame poids, de m\u00eame force et de m\u00eame vivacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les labours se faisaient pour ces raisons, toujours entre les deux m\u00eames exploitations et les m\u00eames chevaux ; car ceux-ci s&rsquo;\u00e9tant \u00ab\u00a0connus\u00a0\u00bb et accept\u00e9s une premi\u00e8re fois, il n&rsquo;y avait jamais plus le moindre probl\u00e8me ; il suffisait qu&rsquo;\u00e0 chaque rencontre, les deux animaux puissent se flairer quelques secondes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette m\u00e9thode de labours en commun s&rsquo;appelait \u00ab\u00a0faire charrue\u00a0\u00bb. Il faut signaler que l&rsquo;utilisation des chevaux de labour a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par l&rsquo;apparition, au d\u00e9but du si\u00e8cle des charrues \u00ab\u00a0brabant\u00a0\u00bb r\u00e9versibles, beaucoup plus stables que les anciens araires. Encore \u00e9tait-il n\u00e9cessaire que ces chevaux apprennent et utilisent \u00ab\u00a0le pas de labour\u00a0\u00bb, allure beaucoup plus lente que sur la route.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A Sevrier, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale, tous les travaux agricoles \u00e9taient ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 bras. 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