{"id":210,"date":"2023-04-12T16:58:02","date_gmt":"2023-04-12T14:58:02","guid":{"rendered":"https:\/\/azote.com\/wordpress\/?page_id=210"},"modified":"2023-04-12T16:58:02","modified_gmt":"2023-04-12T14:58:02","slug":"la-fete-dieu-au-cret-1928-1930","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/la-fete-dieu-au-cret-1928-1930\/","title":{"rendered":"La f\u00eate Dieu au Cr\u00eat 1928-1930"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pour les habitants du hameau \u00ab\u00a0du Cr\u00eat\u00a0\u00bb, vers les ann\u00e9es 1930, c&rsquo;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement ; de m\u00eame, pour les personnes des hameaux de Lettraz et de Chuguet qui y \u00e9taient \u00e9troitement associ\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9v\u00e9nement important, attendu, sinon avec impatience, du moins avec un certain souci de r\u00e9ussite ; l&rsquo;honneur des trois hameaux en d\u00e9pendait. ..<\/p>\n\n\n\n<p>Oh ! J&rsquo;allais oublier de vous dire : cet \u00e9v\u00e9nement de taille, c&rsquo;\u00e9tait la \u00ab\u00a0F\u00eate Dieu\u00a0\u00bb ou plus exactement, la procession de la F\u00eate Dieu qui arrivait au Cr\u00eat, d&rsquo;apr\u00e8s une tradition bien \u00e9tablie, tous les deux ans. Une ann\u00e9e, la procession se rendait au hameau de \u00ab\u00a0La Combe\u00a0\u00bb, c\u00f4t\u00e9 Sud du Chef-lieu, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, c&rsquo;\u00e9tait le hameau \u00ab\u00a0du Cr\u00eat\u00a0\u00bb c\u00f4t\u00e9 nord qui l&rsquo;accueillait.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ignore l&rsquo;origine de cette tradition respect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Etait-ce pour m\u00e9nager la susceptibilit\u00e9 entre le Nord et le Sud ?<\/p>\n\n\n\n<p>Etait-ce pour associer et faire participer tous les habitants ?<\/p>\n\n\n\n<p>Etait-ce pour cr\u00e9er une certaine \u00e9mulation entre les hameaux ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne saurais vous le dire ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est certain, c&rsquo;est que le d\u00e9sir de r\u00e9ussite et de faire mieux que \u00ab\u00a0ceux de la Combe\u00a0\u00bb apportait au Cr\u00eat de l&rsquo;ardeur \u00e0 l&rsquo;ouvrage ; sans pour autant qu&rsquo;il y ait la moindre m\u00e9chancet\u00e9 ou m\u00e9pris, c&rsquo;\u00e9tait une comp\u00e9tition dans la loyaut\u00e9, l&rsquo;amiti\u00e9 et \u2026\u2026. Pourquoi en douter, la charit\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Cr\u00eat, un probl\u00e8me pr\u00eatait beaucoup \u00e0 discussion. Celui de s&rsquo;entendre sur le sens du mot \u00ab\u00a0f\u00eate r\u00e9ussie\u00a0\u00bb. Beaucoup pensaient que la r\u00e9ussite d\u00e9pendait du nombre de participants \u00e0 la procession, de leur recueillement, de leur d\u00e9votion, de leur ferveur pour les pri\u00e8res, pour les cantiques ; quelques uns soutenaient qu&rsquo;on ne pouvait parler de r\u00e9ussite sans beaucoup de d\u00e9corum, d&rsquo;oriflammes, de guirlandes, des feuillages, d&rsquo;animation, et \u2026\u2026\u2026\u2026. de bruit.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re position, avait, au Cr\u00eat, un ardent et bruyant d\u00e9fenseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce protecteur actif des traditions \u00ab\u00a0hautes en couleurs\u00a0\u00bb \u00e0 la parole facile, \u00e0 la voix de stentor, ne s&#8217;embarrassait pas de d\u00e9licatesse pour dire ce qu&rsquo;il pensait ; il ignorait le \u00ab\u00a0qu&rsquo;en dira t&rsquo;on\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A lui seul, cet homme, un peu particulier, faisait plus de bruit que tous les habitants du Cr\u00eat r\u00e9unis. Et en fait d&rsquo;animation, il \u00e9tait absolument \u00ab\u00a0imbattable\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce Monsieur honn\u00eate, connu, estim\u00e9, aux r\u00e9actions impr\u00e9visibles, aux col\u00e8res redout\u00e9es, indispensable \u00e0 la vie du hameau, c&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb : Fran\u00e7ois GURRET;<\/p>\n\n\n\n<p>A cette \u00e9poque, la plupart des familles de Sevrier, portait un \u00ab\u00a0surnom\u00a0\u00bb, sans la moindre g\u00eane \u00e0 cause de nombreuses homonymies. Au Cr\u00eat, il y avait trois familles de GURRET, non apparent\u00e9es ; on les distinguait par le surnom :<\/p>\n\n\n\n<p>La famille des :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La Guite\u00a0\u00bb : \u00e0 cause d&rsquo;une a\u00efeule \u00e0 la forte personnalit\u00e9 qui s&rsquo;appelait Marguerite ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Napolions\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;un des fils avait \u00e9t\u00e9 soldat de Napol\u00e9on 1er<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Du Ch\u00e2teau\u00a0\u00bb, par taquinerie, \u00e0 cause d&rsquo;un toit de maison pointu qui faisait penser \u00e0 un ch\u00e2teau.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Fran\u00e7ois GURRET, dit \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb, avait encore un autre titre, plus personnel, plus sonnant, tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, non seulement au Cr\u00eat, mais dans la commune enti\u00e8re. A Sevrier, si le nom, \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois GURRET\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas connu de tous, pas un sevriolain n&rsquo;ignorait qui \u00e9tait \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette appellation venait tout simplement de ce que Fran\u00e7ois, qu&rsquo;il soit hargneux (ce qui arrivait souvent), qu&rsquo;il soit enjou\u00e9 (ce qui arrivait aussi), accompagnait ses moindres paroles de retentissants et innombrables : \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand ce dernier traversait le village, poussant sa brouette, pour se rendre \u00e0 son jardin en chantant \u00e0 tue t\u00eate \u2026\u2026 \u00e0 cause d&rsquo;une satisfaction ou \u2026 vocif\u00e9rant \u00e0 grands cris, \u00e0 cause d&rsquo;une contrari\u00e9t\u00e9, accompagn\u00e9 de son chien \u00ab\u00a0Minos\u00a0\u00bb, aussi bruyant que son ma\u00eetre, je vous garantis que le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en personne et sa suite, n&rsquo;auraient pas apport\u00e9 pareille animation.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est tellement vrai, que dans les rares occasions ou \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb s&rsquo;absentait, le village semblait mort, il manquait \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb les amis comme \u2026\u2026\u2026.. les adversaires de Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite, \u00e9taient tristes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Cr\u00eat avait perdu son \u00ab\u00a0\u00e2me\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0, j&rsquo;ai essay\u00e9, en toute franchise, de vous faire conna\u00eetre notre aim\u00e9e \u00ab\u00a0vedette\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9poque : Fran\u00e7ois GURRET, dit : \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb, dit \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb, afin de mieux faire comprendre ce que pouvait \u00eatre, au Cr\u00eat, la pr\u00e9paration et la F\u00eate Dieu, avec un pareil d\u00e9fenseur et artisan, \u00e0 sa propre mani\u00e8re, des coutumes et traditions.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand arrivait le temps de P\u00e2ques et les vacances pour les enfants, Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite houspillait les femmes ou les demoiselles \u00e2g\u00e9es qui, d&rsquo;habitude prenaient l&rsquo;initiative de la confection des guirlandes de mousse.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb, c&rsquo;est toujours pareil, ces femmes, c&rsquo;est bon \u00e0 jacasser \u2026. Et la cueillette de la mousse, elles y pensent ces bigotes ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ferme ton groin malpropre, vieux \u00ab\u00a0Ronnar\u00e9\u00a0\u00bb (grognon), occupe toi de ta soupe ! \u00ab\u00a0r\u00e9torquait la vieille demoiselle Am\u00e9lie, sa voisine, qui ne se laissait pas intimider.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-dessus de l&#8217;emplacement du \u00ab\u00a0Reposoir\u00a0\u00bb et des chemins emprunt\u00e9s par la procession, la coutume voulait que l&rsquo;on tende des guirlandes de papier, de tulle et de mousse.<\/p>\n\n\n\n<p>La confection de ces derni\u00e8res, demandait beaucoup de travail, d&rsquo;habitude, de dext\u00e9rit\u00e9, de temps \u2026\u2026 et de mousse naturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pour cela que la cueillette se faisait aux beaux jours du printemps, quand les enfants \u00e9taient en cong\u00e9, deux mois avant la f\u00eate Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s t\u00f4t, le jour dit, les enfants, gar\u00e7ons et filles, encadr\u00e9s par de nombreuses dames ou jeunes filles, chacun portant un ou deux paniers aux bras, suivant sa force et sa taille, quittaient le village, et par le sentier des \u00ab\u00a0Mar\u00e9chaux\u00a0\u00bb, gagnaient all\u00e8grement la for\u00eat communale de Sevrier, dans un secteur, rep\u00e9r\u00e9 d&rsquo;avance, o\u00f9 la mousse \u00e9tait abondante, \u00e9paisse et bien verte, \u00e0 l&rsquo;ombre des grands sapins.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u00e0 o\u00f9 la mousse \u00e9tait jug\u00e9e convenable, on se mettait au travail avec ardeur. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;arracher de petites poign\u00e9es tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8res et de les placer dans son panier, par couches superpos\u00e9es, apr\u00e8s avoir enlev\u00e9 avec soin, tous les d\u00e9bris de feuilles mortes, de brindilles, de terre, qui pouvaient \u00ab\u00a0salir\u00a0\u00bb la mousse. C&rsquo;\u00e9tait un travail long et fastidieux, dont les enfants se lassaient bien vite. Mais il fallait remplir chacun son panier.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des heures, quand la lassitude, le d\u00e9couragement, arrivaient, une dame, une jeune fille, une maman, une tante, se trompait.. et au lieu de remplir ses grands paniers, remplissait le petit panier de l&rsquo;enfant, et \u2026\u2026\u2026.voil\u00e0 le travail enfin termin\u00e9 \u2026\u2026.. et l&rsquo;honneur sauf.<\/p>\n\n\n\n<p>Midi arrivait bien vite ! \u2026. Ouh ! Ouh \u2026. Ouh ! Ouh ! \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le cri de ralliement pour le casse-cro\u00fbte ! (Alors .. tout le monde accourait. Une dame faisait le compte de la troupe ! \u2026\u2026 36-37-38. Ca y est, le compte est bon !<\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9ballait les provisions. \u00ab\u00a0Bon app\u00e9tit\u00a0\u00bb ! et tous \u00e0 table, ou plut\u00f4t ce qui en tenait lieu : une souche, une grosse pierre plate, un rocher ; et commen\u00e7ait le plus merveilleux moment de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un s&rsquo;apercevait que ses \u0153ufs cuits \u00e0 la coque \u00e9taient \u2026. crus. L&rsquo;autre, avait cass\u00e9 sa bouteille ! \u2026 pleine ; celui-ci avait oubli\u00e9 la clef pour ouvrir la boite de p\u00e2t\u00e9 ; et le \u00ab\u00a0M\u00e9dor\u00a0\u00bb \u00e9tait parti avec la cuisse de poulet ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les provisions \u00e9taient suffisantes et on partageait. Nul besoin pour cette fois du miracle de la multiplication des pains et des poissons, pour rassasier toute la troupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chamailleries des gosses, le bavardage des adultes, les chants des demoiselles, les rires, les histoires dr\u00f4les mais sages, tout cela sous l&rsquo;autorit\u00e9 discr\u00e8te, bienveillante, mais bien r\u00e9elle des dames plus \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le repas et la sieste, c&rsquo;\u00e9tait dur de quitter ce cercle o\u00f9 chacun se trouvait \u00e0 l&rsquo;aise, heureux, dans la gaiet\u00e9, la bonne humeur, pour retourner finir le travail et remplir tous les paniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Le retour \u00e9tait facile. La mousse est tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re et m\u00eame les enfants avaient chacun un panier au bras. Il suffisait simplement de ne pas les renverser parce que la mousse aurait \u00e9t\u00e9 toute sale, de nouveau il aurait fallu la nettoyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Au retour, les paniers \u00e9taient stock\u00e9s dans une cave fra\u00eeche, pas trop sombre o\u00f9 elle \u00e9tait humect\u00e9e chaque semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, tous les dimanches apr\u00e8s-midi et m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait n\u00e9cessaire, les apr\u00e8s-midi en semaine en temps de pluie, beaucoup d&rsquo;habitants du Cr\u00eat de Lettraz de Chuguet, venaient au Cr\u00eat chez les Domenjoud dits \u00ab\u00a0Les Chachets\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur ferme avait un grand espace couvert, abrit\u00e9 et l\u00e0 se faisaient les pr\u00e9paratifs de la f\u00eate, confection des roses en papier, des guirlandes de mousse, r\u00e9paration des objets en bois, des tubes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les dames apportaient quelques p\u00e2tisseries \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi termin\u00e9e, avant de rentrer chez soi \u00ab\u00a0soigner\u00a0\u00bb le b\u00e9tail on d\u00e9gustait un morceau \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9pogne\u00a0\u00bb, on buvait le caf\u00e9 ou le vin chaud, car les hommes \u00e9taient aussi de la partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dommage que les beaux escaliers de pierre ou les colonnes de ch\u00e2taignier de la ferme des \u00ab\u00a0Chachets\u00a0\u00bb ne puissent parler ! \u2026 Que n&rsquo;entendrait-on !<\/p>\n\n\n\n<p>Et des conversations et des rires et des chants et des chamailleries et m\u00eame des disputes ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et oui, il y avait des \u00ab\u00a0coups de gueule du tonnerre\u00a0\u00bb. Je ne vous ai pas tout dit :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb qui \u00e9tait veuf, habitait seul, la maison voisine des \u00ab\u00a0Chachets\u00a0\u00bb et le dimanche apr\u00e8s-midi, il venait lui aussi, quand il \u00e9tait de bonne humeur, se m\u00ealer aux pr\u00e9paratifs de la f\u00eate, comme bien des vieilles personnes du hameau.<\/p>\n\n\n\n<p>Discr\u00e8tement, je dois vous dire que \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb avait une bonne cave, qu&rsquo;il \u00e9tait fin connaisseur et consommateur de bon vin, qu&rsquo;il aimait taquiner ou m\u00eame provoquer ses voisins, en particulier les femmes, et surtout, surtout, enivrer ses amis.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque ses invit\u00e9s, la visite termin\u00e9e, descendaient les escaliers de sa maison en se tenant au mur, en titubant, notre ap\u00f4tre \u00e9tait HEUREUX \u00ab\u00a0Cr\u00e9 bordel, quelle belle journ\u00e9e\u00a0\u00bb ! s&rsquo;\u00e9criait-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de vous pr\u00e9ciser l&rsquo;ambiance qu&rsquo;il y avait dans la grange des \u00ab\u00a0Chachets\u00a0\u00bb, quand ce braillard venait se m\u00ealer aux dames.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord faire des guirlandes de roses en papier, coudre des tulles, c&rsquo;\u00e9tait un travail de femmes, qui n&rsquo;ont que faire d&rsquo;une \u00ab\u00a0lanterne\u00a0\u00bb, d&rsquo;un bon \u00e0 rien en la mati\u00e8re ! \u2026 Dehors ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, ces dames \u00e9taient offusqu\u00e9es par ses propos grivois et \u2026. grossiers.<\/p>\n\n\n\n<p>La cause \u00e9tait entendue, qu&rsquo;il sorte ! \u2026 et vite, sinon \u2026.. l\u00e0 \u2026\u2026 dans la grange, \u00e0 port\u00e9e de mains, il y avait \u2026. des fourches ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et Fran\u00e7ois, satisfait du courroux de ces dames restait sur le seuil. Courageux, mais non t\u00e9m\u00e9raire ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes, eux, sans l&rsquo;avouer \u00e9taient combl\u00e9s ; bien mieux qu&rsquo;au cirque et gratuit ! .. en plus ! \u2026 mais aussi et surtout, ils avaient bien remarqu\u00e9 que les poches de sa veste de chasse \u00e9taient gonfl\u00e9es \u2026\u2026 du gibier ? Pas du tout ! .. mais sans aucun doute, deux bonnes bouteilles. Alors, ces messieurs, \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 et sans la moindre h\u00e9sitation, se retrouvaient tous, partisans de \u00ab\u00a0notre Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t rare, mais il arrivait que la situation devienne \u2026.. dangereuse, tel le jour o\u00f9 \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite\u00a0\u00bb entrant dans la grange o\u00f9 deux dames de son \u00e2ge travaillaient, se permit, sans m\u00e9nagement de leur faire des remarques plut\u00f4t d\u00e9sobligeantes. Tr\u00e8s vite, on entendit une violente altercation, des cris, des menaces, des chocs. A ce moment, passait, tout pr\u00e8s, le mari de l&rsquo;une d&rsquo;elles. Le mari fut mis au courant de la situation :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Tu entends la M\u00e9lie et ta femme contre Cr\u00e9 Bordel. Terrible, \u00e7a risque de mal finir\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Ah oui, en effet\u00a0\u00bb dit le mari, mais apr\u00e8s un moment de r\u00e9flexion ! \u2026 il demanda : \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois, il est entr\u00e9 volontairement dans la grange \u00a0\u00bb \u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et bien oui\u00a0\u00bb r\u00e9pond t&rsquo;on.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Personne ne l&rsquo;a contraint d&rsquo;y aller ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et bien, non ! personne !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oh ! \u2026 alors dans ce cas, je m&rsquo;en m\u00eale pas ; tant pis pour lui, qu&rsquo;il se d\u00e9brouille !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, pour vous assurer que les dames ne se laissaient pas intimider par notre artiste, et que ces bruyants conflits \u00e9taient ! \u2026. secr\u00e8tement \u2026. attendus et souhait\u00e9s par tous.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la confection des guirlandes de mousse qui demandait le plus de soins et de temps ; c&rsquo;\u00e9tait toujours les m\u00eames dames ou demoiselles d\u00e9vou\u00e9es, aux doigts agiles qui se chargeaient de ce travail. Il y avait Jos\u00e9phine et Germaine Rey de Chuguet, la C\u00e9cile, la Marie, la Jeanne de Lettraz, la F\u00e9licie , la V\u00e9ronique, la L\u00e9onie du Cr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec beaucoup d&rsquo;habilet\u00e9, de patience et de go\u00fbt, elles faisaient de belles guirlandes bien r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre deux supports distants de 5 \u00e0 6 m\u00e8tres, on tendait une solide cordelette.<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re personne pr\u00e9parait bien propre une poign\u00e9e de mousse, la deuxi\u00e8me l&rsquo;\u00e9talait r\u00e9guli\u00e8rement autour de la cordelette, racines \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et la maintenait pendant que la troisi\u00e8me munie d&rsquo;une pelote de ficelle fine et r\u00e9sistante entourait les racines de la mousse en spires bien serr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fallait de longues heures pour faire une guirlande bien ronde et r\u00e9guli\u00e8re de 15 cm de diam\u00e8tre et de 5 m\u00e8tres de long.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors on tendait la guirlande dans une grange \u00e0 l&rsquo;ombre, en attendant la f\u00eate o\u00f9 elle serait suspendue au-dessus du chemin.<\/p>\n\n\n\n<p>Une douzaine de guirlandes \u00e9taient ainsi confectionn\u00e9es ; dans la mousse, la veille de la f\u00eate \u00e9taient \u00ab\u00a0piqu\u00e9es\u00a0\u00bb des fleurs naturelles, surtout des roses rouges. De m\u00eame, on garnissait autant de guirlandes de tulle blanc avec des roses en papier, soigneusement conserv\u00e9es des f\u00eates pr\u00e9c\u00e9dentes. Il y avait aussi des guirlandes multicolores en papier, les plus nombreuses et faciles \u00e0 stocker, car se pliant en accord\u00e9on. Mais elles avaient l&rsquo;inconv\u00e9nient de craindre la pluie.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que commenc\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t, on craignait toujours que les pr\u00e9paratifs ne soient pas termin\u00e9s pour la f\u00eate ! ..<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux conseils \u00e9taient parfois donn\u00e9s en quantit\u00e9 par quelques \u00ab\u00a0glorieux\u00a0\u00bb de passage ; de belles paroles, plus qu&rsquo;il n&rsquo;en fallait de la part de ces vaniteux de \u00ab\u00a0Monchus\u00a0\u00bb, mais dont l&rsquo;aide au travail \u00e9tait aussi rare que du beurre sous la semelle des \u00ab\u00a0choques\u00a0\u00bb (sabots).<\/p>\n\n\n\n<p>Humbles et sages, les vieilles personnes disaient \u00ab\u00a0Onco d\u00e8 s&rsquo;l\u00e8 bartavale kvulon p\u00e9t\u00e2 p\u00e8 iant qu\u00e9 l&rsquo;on l&rsquo;golet\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Encore de ces phraseurs qui pr\u00e9tendent p\u00e9ter plus haut qu&rsquo;ils ont le trou\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on parle de la pr\u00e9paration de la F\u00eate Dieu, ce serait une faute grave de ne pas mentionner le travail de Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite. Car, si celui-ci a le verbe haut, il n&rsquo;est pas paresseux, il sait mettre la main \u00e0 la p\u00e2te ! \u2026 Mais \u00e0 sa fa\u00e7on, dans sa sp\u00e9cialit\u00e9 ! !!! et sa sp\u00e9cialit\u00e9 \u00e0 lui, ancien artilleur, c&rsquo;est de faire \u00ab\u00a0p\u00e9ter\u00a0\u00bb les boites.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous pouvez faire le tour du canton, que dis-je, du d\u00e9partement, je vous mets au d\u00e9fi de trouver meilleur sp\u00e9cialiste ! \u2026 Et d\u00e9vou\u00e9 avec \u00e7a ! \u2026. M\u00eame un peu trop au go\u00fbt de certains ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute savez-vous ce que sont \u00ab\u00a0les boites\u00a0\u00bb. De lourds cylindres d&rsquo;acier dans lesquels on met, poudre noire et cordon d\u00e9tonant, qu&rsquo;on allume apr\u00e8s les avoir pos\u00e9s en pleins champs et on se retire vite \u00e0 l&rsquo;abri ; quand la flamme du cordon touche la poudre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du cylindre et bien \u2026. Boum \u2026.. une formidable explosion. C&rsquo;est un vrai coup de canon ! \u2026 \u00e0 blanc ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00ab\u00a0tirer les boites\u00a0\u00bb demande une pr\u00e9paration et Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite ne laisse \u00e0 personne le soin de faire ce travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut d&rsquo;abord aller chez M. le Maire, pour prendre la cl\u00e9 du hangar des pompes \u00e0 incendie o\u00f9 sont d\u00e9pos\u00e9es les boites, qui sont propri\u00e9t\u00e9 communale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut un chariot pour les transporter au Cr\u00eat, car elles sont lourdes et nombreuses. Il faut acheter au bureau de tabac, poudre et m\u00e8che lente, en quantit\u00e9 suffisante ! Il faut faire provision de vieilles tuiles ou briques cass\u00e9es, inutilisables.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci termin\u00e9, Fran\u00e7ois se met au travail, suivant un rite immuable et presque sacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous l&rsquo;avant toit de sa grange se trouve une grosse pierre taill\u00e9e \u00e0 la surface, bien lisse, bien plane. Notre homme s&rsquo;installe \u00e0 cheval, assis sur la pierre, un gros marteau \u00e0 la main, le \u00ab\u00a0marteau des enclumes\u00a0\u00bb ; tout pr\u00e8s, \u00e0 sa gauche, la brouette remplie de vieilles tuiles ou d\u00e9bris de briques. Devant lui, une grande boite de 5 kilos de confiture, vide, rouill\u00e9e, et ! \u2026. A sa droite, bien cal\u00e9e, une bouteille de \u00ab\u00a0rouge\u00a0\u00bb \u2026. et \u2026. du bon ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite est heureux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit de r\u00e9duire en poudre les morceaux de terre cuite, pour \u00ab\u00a0bourrer\u00a0\u00bb les boites ; plus cette poudre rouge est fine et bien tass\u00e9e dans la \u00ab\u00a0boite\u00a0\u00bb, plus \u00ab\u00a0\u00e7a p\u00e8te\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite ne m\u00e9nage pas sa peine ! \u2026. Minutieusement, avec passion et comp\u00e9tence, il \u00e9crase les \u00e9clats de tuile. La fine poudre telle de la farine rouge s&rsquo;\u00e9tale sur la pierre. Avec une petite truelle, il la r\u00e9cup\u00e8re avec soin et la verse dans la boite. Heureux, il chante \u00ab\u00a0aupr\u00e8s de ma blonde, qu&rsquo;il fait bon dorm ! \u2026. Cr\u00e9 bordel de D. ! \u2026 Tout \u00e0 coup un gros, tr\u00e8s gros juron ! \u2026 \u00e9clate. Et oui, vous avez compris, Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite s&rsquo;est tap\u00e9 sur les doigts \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, lorsque le morceau de tuile est assez grand, il est facile de le tenir entre pierre et marteau, mais au fur et \u00e0 mesure que la grandeur diminue, les risques augmentent et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il arrive que ce ne soit plus la tuile qui se trouve sous le gros marteau, mais ! \u2026. Les doigts. Alors ! \u2026 Voulez-vous faire l&rsquo;essai ? \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de pr\u00e9ciser que chaque fois que les doigts prennent un coup, les \u00ab\u00a0Cr\u00e9 bordel de D.\u00a0\u00bb \u2026 \u00e9clatent avec force, suivant l&rsquo;importance du choc \u2026. et de la douleur \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Machinalement, Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite porte le doigt bless\u00e9 \u00e0 la bouche et, subitement, il se souvient que ce geste, il vaut mieux le faire \u2026. avec la bouteille ! \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour supprimer la douleur, de bonnes rasades valent cent fois mieux qu&rsquo;un tube entier d&rsquo;aspirine ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et les coups sur les doigts, les vocif\u00e9rations et les \u2026. rasades, se succ\u00e8dent \u00e0 un rythme de plus en plus rapide.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout pr\u00e8s vit Jos\u00e9phine, dite la \u00ab\u00a0Fine \u00e0 Pierre\u00a0\u00bb ; vieille demoiselle, sensible, d\u00e9vote, pieuse et un peu \u2026.. curieuse. Elle ne peut pas ne pas entendre les \u00ab\u00a0horribles blasph\u00e8mes\u00a0\u00bb de ce damn\u00e9 personnage ; et pendant qu&rsquo;il pile les tuiles avec ardeur, la Fine, outr\u00e9e, prie avec ferveur pour que le ciel pardonne \u00e0 ce \u00ab\u00a0cochon\u00a0\u00bb de Cr\u00e9 bordel qui pr\u00e9tend m\u00eame travailler pour la gloire de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le samedi, veille de la F\u00eate Dieu, toute la population des trois hameaux venait au Cr\u00eat apporter son aide pour de nombreuses t\u00e2ches :<\/p>\n\n\n\n<p>Se rendre \u00e0 la \u00ab\u00a0Combe\u00a0\u00bb avec un chariot pour ramener le \u00ab\u00a0Reposoir\u00a0\u00bb ; autel d\u00e9montable en bois et estrade.<\/p>\n\n\n\n<p>Aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise o\u00f9 dans la sacristie o\u00f9 se trouvaient de nombreux vases de toutes formes, de tout calibre ; les mettre en caisses avec de la paille et avec des \u00ab\u00a0barots\u00a0\u00bb, les transporter sans heurts au Cr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Monter le reposoir, le couvrir de nappes, le garnir d&rsquo;\u00e9toffes color\u00e9es, le d\u00e9corer, mettre les vases, le fleurir, mettre les chandeliers, les cierges.<\/p>\n\n\n\n<p>Faire les tourn\u00e9es des trois hameaux pour cueillir des fleurs,<\/p>\n\n\n\n<p>Et surtout, pour les hommes, se rendre en \u00e9quipe en for\u00eat avec chevaux et chars \u00e0 foin (\u00e0 \u00e9chelles), couper et rapporter une grosse quantit\u00e9 de \u00ab\u00a0feuillage\u00a0\u00bb (tiges de bois feuillues, bien touffues, de 3 m de haut (environ) et aussi, 7 sapins aux branches tr\u00e8s fournies, de 5 \u00e0 6 m de hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab\u00a0feuillages\u00a0\u00bb \u00e9taient plant\u00e9s dans le sol de chaque c\u00f4t\u00e9 des roues emprunt\u00e9es par la procession de fa\u00e7on \u00e0 former une haie verte et bien \u00e9paisse, sur une centaine de m\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sapins \u00e9taient dress\u00e9s en arc de cercle, le plus haut au centre, les autres en d\u00e9grad\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 imiter le ch\u0153ur d&rsquo;une \u00e9glise ; l\u00e0 \u00e9tait mont\u00e9 le \u00ab\u00a0Reposoir\u00a0\u00bb qui soutenait \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re et au milieu une grande croix recouverte de mousse. Le tout \u00e9tait install\u00e9 dans le pr\u00e9 voisin de la maison des Gurret dit \u00ab\u00a0Napolions\u00a0\u00bb, aujourd&rsquo;hui d\u00e9molie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parvis de l&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait aussi garni de verdure ; deux sapins encadraient les escaliers et des \u00ab\u00a0feuillages\u00a0\u00bb, le long du mur de Clos Domenjoud, pour le d\u00e9part sur la route des Avollions, pour l&rsquo;arriv\u00e9e d\u00e9limitaient une all\u00e9e verte sur une dizaine de m\u00e8tres. Cet ornement ext\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait \u00ab\u00a0en principe\u00a0\u00bb \u00e0 la charge des habitants du \u00ab\u00a0Sud\u00a0\u00bb. Ce travail, bien moins important que les pr\u00e9paratifs de la Combe ou du Cr\u00eat, revenait par contre chaque ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La plus grande majorit\u00e9 de la population, \u00e0 part les personnes charg\u00e9es des derniers d\u00e9tails pr\u00e8s du Reposoir, prenait part \u00e0 la procession, qui se formait, apr\u00e8s la grand-messe dont le sermon \u00e9tait supprim\u00e9, dans un ordre \u00e9tabli depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, venait la Fanfare, \u00ab\u00a0l&rsquo;Echo de Chantemerle\u00a0\u00bb ; c&rsquo;est elle qui r\u00e9glait l&rsquo;allure, les enfants, filles et gar\u00e7ons s\u00e9par\u00e9s, suivaient les dames du \u00ab\u00a0Saint Rosaire\u00a0\u00bb, portant sur la t\u00eate un grand voile blanc, entourant leur banni\u00e8re. Les chanteuses, les chantres, les enfants de ch\u0153ur, pr\u00e9c\u00e9dant le dais port\u00e9 par quatre hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re le dais, les hommes de la congr\u00e9gation du Saint-Sacrement, la m\u00e9daille \u00e0 la boutonni\u00e8re, autour de leur banni\u00e8re port\u00e9e par trois messieurs. Ensuite, le drapeau de la jeunesse catholique et les jeunes gens suivis des femmes ; puis fermant la marche, les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>La procession sortant de l&rsquo;\u00e9glise empruntait le chemin vicinal qui longeait le mur de la propri\u00e9t\u00e9 Domenjoud, ensuite, la Nationale 508 et sous la frondaison d&rsquo;une longue ligne de noyers, se dirigeait vers le Cr\u00eat. Il convient de pr\u00e9ciser qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y avait pas le moindre probl\u00e8me de circulation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les automobiles \u00e9taient inconnues ou presque et la route totalement libre. La fanfare faisait entendre ses \u00ab\u00a0morceaux choisis\u00a0\u00bb et des cantiques, des invocations, des pri\u00e8res alternaient tout au long du parcours.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Cr\u00eat, tout pr\u00e8s et parall\u00e8le \u00e0 la Nationale, il y avait une haie, assez haute et \u00e9paisse ; c&rsquo;\u00e9tait derri\u00e8re cette haie que Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite installait ses boites.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e9tait pr\u00eat et par une petite \u00ab\u00a0trou\u00e9e\u00a0\u00bb am\u00e9nag\u00e9e \u00e0 travers de la haie, il guettait l&rsquo;arriv\u00e9e de la procession ; quand celle-ci d\u00e9bouchait au tournant de la route, devant l&rsquo;h\u00f4tel du \u00ab\u00a0Transval\u00a0\u00bb, tout excit\u00e9, il donnait \u00e0 ses aides, le signal de faire \u00ab\u00a0feu\u00a0\u00bb \u2026. Et les d\u00e9tonations se succ\u00e9daient, per\u00e7ues de plus en plus fort, pour les participants, \u00e0 mesure que la procession se rapprochait du Cr\u00eat, couvrant la musique, les chants et les pri\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Des deux c\u00f4t\u00e9s de la haie, ce que l&rsquo;on pouvait entendre \u00e9tait vari\u00e9, m\u00e9lang\u00e9, surprenant. Le fracas des boites\u2026. La fanfare, les cantiques comme \u00ab\u00a0les saints et les anges\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le ch\u0153ur glorieux\u00a0\u00bb ! \u2026 et brusquement un sonore \u00ab\u00a0Cr\u00e9 bordel de D.\u00a0\u00bb surpassant de beaucoup la voix des chantres. Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite venait de se br\u00fbler les doigts en allumant une m\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens tr\u00e8s bien que lorsque nous passions pr\u00e8s de cette haie, nous sursautions \u00e0 l&rsquo;explosion des boites avec un sentiment ou se m\u00ealaient satisfaction et appr\u00e9hension des d\u00e9tonations \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors les dames pieuses, lan\u00e7aient des regards furieux en direction de la haie. Tandis que M. le Cur\u00e9, imperturbable sous le dais, le visage ferm\u00e9, semblait indiff\u00e9rent. La plupart des messieurs souriaient avec une pointe d&rsquo;amusement, si ce n&rsquo;\u00e9tait avec fiert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le cort\u00e8ge arrivait sur l&#8217;emplacement du \u00ab\u00a0Reposoir\u00a0\u00bb, c&rsquo;\u00e9tait le silence ; Fran\u00e7ois ne troublait pas la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour cause, pour lui et ses amis, c&rsquo;\u00e9tait la pause ; ils se retiraient dans sa grange, o\u00f9 quelques bouteilles \u00e9taient en r\u00e9serve et d&rsquo;o\u00f9 on pouvait surveiller les op\u00e9rations sans \u00eatre vu, \u00e0 travers le bardage aux planches disjointes.<\/p>\n\n\n\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie termin\u00e9e, sit\u00f4t que la foule faisait mouvement pour le retour par le chemin de \u00ab\u00a0Vers le Nant\u00a0\u00bb, vite nos artilleurs reprenant leur poste avec un dernier sursaut d&rsquo;\u00e9nergie faisaient \u00e9clater leurs derni\u00e8res charges.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite hurlait \u00e0 ses hommes : \u00ab\u00a0d\u00e9p\u00eachez vous, faites vite, le procession arrive au \u00ab\u00a0Corti d&rsquo;Enrut\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet endroit sur la route des Avollions, il fallait que toutes les salves aient \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es sans exception ! \u2026 La \u00ab\u00a0canonnade\u00a0\u00bb termin\u00e9e ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La procession entrant \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, tr\u00e8s vite la cl\u00f4ture de la c\u00e9r\u00e9monie avait lieu et les fid\u00e8les rentraient \u00e0 la maison pour un rapide repas, car l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e9tait charg\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout de suite apr\u00e8s manger, tous, enfants, adultes, jeunes, vieux, s&rsquo;activaient \u00e0 remettre en ordre ; ranger, nettoyer, remiser ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab\u00a0feuillages\u00a0\u00bb \u00e9taient mis \u00e0 s\u00e9cher \u00e0 l&rsquo;ombre, pour servir d&rsquo;aliments pour les ch\u00e8vres l&rsquo;hiver venu, les sapins serviraient de \u00ab\u00a0petit bois\u00a0\u00bb pour allumer le feu chaque matin, la mousse des guirlandes faisait un excellent terreau, les fleurs naturelles garniraient les croix, les oratoires de villages.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien n&rsquo;\u00e9tait jet\u00e9 ou perdu ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qui pouvait se garder pour la prochaine f\u00eate, dans deux ans, \u00e9tait soigneusement rentr\u00e9, mis \u00e0 l&rsquo;abri.<\/p>\n\n\n\n<p>La journ\u00e9e \u00e9tait bien avanc\u00e9e quand le travail touchait \u00e0 sa fin. Les premiers signes de fatigue se faisaient sentir et chacun s&#8217;empressait de terminer.<\/p>\n\n\n\n<p>Et dans la remise des \u00ab\u00a0Chachets\u00a0\u00bb, des dames commen\u00e7aient \u00e0 pr\u00e9parer caf\u00e9, bugnes, tartes, \u00e9pognes. Et, c&rsquo;est l\u00e0 que, dans les discussions, dans les avis divergents, dans une grande animation, avait lieu la conclusion finale au sujet de la r\u00e9ussite de la f\u00eate ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9ussie la F\u00eate Dieu ? .. Oui, disaient les uns. Il y avait beaucoup de monde ! Deux guirlandes de plus que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 la Combe ! L&rsquo;alignement des feuillages \u00e9tait parfait.<\/p>\n\n\n\n<p>Dommage, disaient les autres ! \u2026 Que les sapins du ch\u0153ur du Reposoir n&rsquo;aient pas \u00e9t\u00e9 plus grands, que la couleur des roses en papier soit \u00ab\u00a0pass\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et quelques rares \u00e2mes d\u00e9licates, ferventes, d\u00e9votes, pieuses, soupiraient avec tristesse : \u00ab\u00a0au moins, si Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite ne venait pas, nous \u00ab\u00a0envergogner\u00a0\u00bb (nous faire honte)<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au fait, o\u00f9 est \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb ? Et bien croyez-moi, il a prit part \u00e0 la remise en ordre lui aussi : nettoyer, ranger, v\u00e9rifier les boites, mettre la poudre noire, les \u00ab\u00a0m\u00e8ches\u00a0\u00bb restantes bien \u00e0 l&rsquo;abri \u00ab\u00a0au sec\u00a0\u00bb et aussi et surtout, faire \u00ab\u00a0p\u00e9ter\u00a0\u00bb non plus les boites, mais les \u00ab\u00a0bouchons\u00a0\u00bb, car s&rsquo;il y a beaucoup de dames chez les \u00ab\u00a0Chachets\u00a0\u00bb autour des bugnes, des tartes et du caf\u00e9, chez Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite, c&rsquo;est les hommes, les amateurs de bon vin qui sont r\u00e9unis ! \u2026 et ils sont nombreux, bruyants et gais ! \u2026 D&rsquo;autant plus que, quand il peut \u00ab\u00a0r\u00e9tamer\u00a0\u00bb (saouler) ses invit\u00e9s, Fran\u00e7ois, dans ce cas est g\u00e9n\u00e9reux et expert ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors : \u00e0 la v\u00f4tre ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et la f\u00eate ? Pas r\u00e9ussie ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Trois boites de plus ont p\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb, trois de plus qu&rsquo;il y a deux ans. \u00ab\u00a0Pas r\u00e9ussi \u00e7a ?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Tenez, regardez, c&rsquo;est marqu\u00e9 sur le vieux calendrier noirci :<\/p>\n\n\n\n<p>22 boites p\u00e9t\u00e9es \u2013 2 : rat\u00e9es &#8211;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e : 25 boites ! \u2026 Pas r\u00e9ussi \u00e7a ? \u2026 Non mais, un peu de s\u00e9rieux ! ..<\/p>\n\n\n\n<p>Le P\u00e8re Mouchet pr\u00e9tend \u00ab\u00a0mordicus\u00a0\u00bb n&rsquo;avoir entendu que 23 ! explosions ! \u2026 \u00ab\u00a0Quoi, 23 ? Cr\u00e9 Bordel\u00a0\u00bb .. mon pauvre, Mouchet, t&rsquo;es foutu, tu deviens sourd\u00a0\u00bb .. 25 boites, pas une de moins !<\/p>\n\n\n\n<p>Avec application, devant t\u00e9moins, sur la ligne \u00ab\u00a0F\u00eate Dieu\u00a0\u00bb, Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite inscrit :<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9t\u00e9es : 25 boites,<\/p>\n\n\n\n<p>Rat\u00e9e : 1 boite<\/p>\n\n\n\n<p>sur son calendrier de l&rsquo;ann\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0R\u00e9ussie la F\u00eate Dieu\u00a0\u00bb au Cr\u00eat ? \u2026 Cr\u00e9 Bordel, et bien, les amis, r\u00e9pondez ! \u2026. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Et les amis de Fran\u00e7ois d\u00e9clarent \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 : \u2026 F\u00eate tr\u00e8s r\u00e9ussie ! \u2026 Et bien s\u00fbr, \u2026. \u00c7a s&rsquo;arrose ! .. F\u00eatons la r\u00e9ussite \u2026 de la F\u00eate. On trinque \u2026, on chante \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, \u00e0 la procession, c&rsquo;\u00e9tait Ave Maria. Ce soir, c&rsquo;est \u00ab\u00a0si les femmes sont belles ici\u00a0\u00bb. Justement, les femmes.. elles ont termin\u00e9 leur caf\u00e9, leur d\u00e9gustation ; elles savent qu&rsquo;il est grand temps de rentrer \u00e0 la maison ! \u2026 Et plus encore d&rsquo;intervenir pour mettre un terme \u00e0 la \u00ab\u00a0beuverie\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite. Des \u00e9pouses au caract\u00e8re bien marqu\u00e9, courageuses et d\u00e9cid\u00e9es vont rappeler \u00e0 leurs maris d\u00e9pit\u00e9s, aux autres hommes r\u00e9volt\u00e9s et \u00e0 Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite furieux, que la F\u00eate Dieu r\u00e9ussie .. ou non .. est bel et bien termin\u00e9e. L&rsquo;entrevue n&rsquo;est pas sans heurts. Hors de lui, Cr\u00e9 Bordel hurle \u00ab\u00a0sortez de chez moi vieilles chipies, bigotes \u00ab\u00a0. Et les dames r\u00e9pliquent \u00ab\u00a0vieux pingre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pisse prin\u00a0\u00bb, si tu as trop de vin, donne le aux pauvres au lieu de saouler nos hommes\u00a0\u00bb \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et proph\u00e9tisait ce farceur de P\u00e8re Mouchet : \u00ab\u00a0cette nuit, il y aura des \u00ab\u00a0culs tourn\u00e9s\u00a0\u00bb (des sc\u00e8nes de m\u00e9nage). Et Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite voyant que la plupart des hommes, \u00e0 regret, ob\u00e9issaient aux femmes, hors de lui, furieux, hurla : \u00ab\u00a0Pas malheureux, maudites femelles, sans ces garces, Cr\u00e9 Bordel, on aurait eu une F\u00eate Dieu du Tonnerre\u00a0\u00bb \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans cet \u00ab\u00a0ivrogne\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite, nous aurions eu une F\u00eate Dieu magnifique et recueillie ! r\u00e9pliquaient les dames d\u00e9votes.<\/p>\n\n\n\n<p>En fin de compte, \u00e0 part cette l\u00e9g\u00e8re diff\u00e9rence d&rsquo;appr\u00e9ciation, tout le monde \u00e9tait content, satisfait et \u2026. fier d&rsquo;avoir particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9ussite de la F\u00eate Dieu au Cr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Henri GURRET 1997<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur le Cur\u00e9 Chatenoud \u00e9tait un homme estim\u00e9, droit, discret et tr\u00e8s diplomate.<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous lui aviez demand\u00e9 ce qu&rsquo;il pensait de la F\u00eate Dieu au Cr\u00eat, et qu&rsquo;il ait accept\u00e9 de vous r\u00e9pondre, peut-\u00eatre vous aurait-il dit : \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Moins de bruit ne manquerait pas, plus de ferveur ne nuirait pas non plus ; mais la perfection n&rsquo;est pas de ce monde. Seules comptent les intentions et dans ce cas, peut-\u00eatre sont-elles bonnes \u2026.. Et le plus sage ? \u2026. N&rsquo;est-il pas de \u00ab\u00a0Faire avec\u00a0\u00bb ! \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Auteur de ce r\u00e9cit : Henri GURRET 1997<br>Transciption : Monique LAMY<br>Illustration : Andr\u00e9 PERROT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour les habitants du hameau \u00ab\u00a0du Cr\u00eat\u00a0\u00bb, vers les ann\u00e9es 1930, c&rsquo;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement ; de m\u00eame, pour les personnes des hameaux de Lettraz et de Chuguet qui y \u00e9taient \u00e9troitement associ\u00e9es. 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