{"id":195,"date":"2023-04-12T16:44:35","date_gmt":"2023-04-12T14:44:35","guid":{"rendered":"https:\/\/azote.com\/wordpress\/?page_id=195"},"modified":"2023-04-12T16:45:42","modified_gmt":"2023-04-12T14:45:42","slug":"le-patineur-annecien","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/azote.com\/wordpress\/le-patineur-annecien\/","title":{"rendered":"le patineur ann\u00e9cien"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, croyez-moi, il avait fait froid ; comme on dit chez nous \u00ab\u00a0\u00e0 pierre fendre\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais si les pierres s&rsquo;\u00e9taient fendues, mais ce qui est s\u00fbr et certain, c&rsquo;est qu&rsquo;en cet hiver 1890, le lac d&rsquo;Annecy gela. Sa surface fut prise en totalit\u00e9 par la glace et les vieux, entre autres : Jean Marie Falconnet de Chuguet (dit Marie a Dian Jacques), Fran\u00e7ois Gurret du Cr\u00eat (dit Fran\u00e7ois \u00e0 la Guite), Eug\u00e8ne Gurret du Cr\u00eat (dit G\u00e8ne du Ch\u00e2teau) et d&rsquo;autres encore, en parlaient tr\u00e8s souvent, car ils avaient v\u00e9cu ce terrible hiver-l\u00e0.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"821\" height=\"516\" src=\"https:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-196\" srcset=\"http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-1.png 821w, http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-1-300x189.png 300w, http:\/\/azote.com\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-1-768x483.png 768w\" sizes=\"(max-width: 821px) 100vw, 821px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>On dit aussi que la neige de l&rsquo;Avent reste sept semaines sur la pointe d&rsquo;un \u00e9chalas.<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien ! cette ann\u00e9e-l\u00e0, elle \u00e9tait venue en avance. Puis, d\u00e9but janvier, un court redoux amena au lac l&rsquo;eau glac\u00e9e de la fonte des neiges, mais tr\u00e8s vite le grand froid revint et surtout : la bise, mais pas une bise quelconque, une bise ordinaire : non pas du tout, mais bien la vraie ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Vous savez, ici on conna\u00eet tr\u00e8s bien ! \u2026 Il y a la bise commune, courante et puis, il y a (la bise noire)! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors l\u00e0, quand c&rsquo;est la vraie \u00ab\u00a0bisa n\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb, s\u00fbr, elle fait toujours 3-6-9, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle souffle trois jours tr\u00e8s fort, puis si elle ne cesse pas, elle souffle encore trois jours et si le sixi\u00e8me jour elle est encore l\u00e0, alors on sait qu&rsquo;on en a pour neuf jours : une bise \u00e0 coucher les \u00e9chalas ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien, cette ann\u00e9e, la bise n&rsquo;a pas fait 3-6-9, mais elle a fait trois fois 3-6-9, autant dire, 27 jours sans s&rsquo;arr\u00eater, sans un seul instant de r\u00e9pit ! Et c&rsquo;\u00e9tait la vraie \u2026 et un froid terrible.<\/p>\n\n\n\n<p>Les vieux disaient \u00ab\u00a0quand la bise noire souffle, il vaut mieux ne pas sortir les vaches au p\u00e2turage, car le soir, quand on les rentre \u00e0 l&rsquo;\u00e9table, il y en a toujours une ou deux qui n&rsquo;ont plus de cornes \u2026 envol\u00e9es \u2026 comme feuilles mortes \u2026 Dieu sait o\u00f9 \u2026 peut-\u00eatre jusque chez les \u00ab\u00a0Baujus\u00a0\u00bb, mais ceux-l\u00e0, m\u00eame s&rsquo;ils retrouvent ces cornes, pour les rapporter ! \u2026 Oh ! Bon Saint-Antoine ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est comme les poules ! \u2026 quand il y a la bise noire et le froid, m\u00eame les meilleures pondeuses les pauvrettes ! \u2026 elles ne peuvent plus pondre, elles ont \u2026 pardonnez-moi, elles ont le croupion gel\u00e9 ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Imaginez un peu l&rsquo;\u00e9tat du lac cet hiver l\u00e0 \u2026 et pendant 27 jours<\/p>\n\n\n\n<p>Et le 28e jour, la bise noire avait \u2026 rendu son dernier souffle ! \u2026 elle \u00e9tait morte ! \u2026 c&rsquo;\u00e9tait le calme plat. La surface des eaux \u00e9tait sans le moindre mouvement, sans ride et le brouillard arriva, \u00e9pais, glac\u00e9 et toujours le froid.<\/p>\n\n\n\n<p>On trouvait des oiseaux morts, gel\u00e9s pr\u00e8s des haies, des fermes, des \u00e9tables.<\/p>\n\n\n\n<p>Le givre tr\u00e8s dense, tr\u00e8s \u00e9pais, s&rsquo;accrochait aux branches des arbres qui cassaient sous le poids ; beaucoup de sources \u00e9taient taries et toujours le froid intense \u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de quelques jours \u00ab\u00a0dans le coton\u00a0\u00bb, le brouillard \u00e9tant moins \u00e9pais, on s&rsquo;aper\u00e7u que le lac, le long des rives \u00e9tait gel\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Prudemment, on met un pied sur la glace, on appuie, on frappe du talon pour en \u00e9prouver la solidit\u00e9 et comme \u00ab\u00a0\u00e7a tient\u00a0\u00bb, on met les deux pieds, puis on fait quelques pas ; \u00e7a tient toujours, alors on s&rsquo;\u00e9loigne de la rive de quelques m\u00e8tres ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les plus sceptiques viennent avec une pioche, essayent de faire un trou pour conna\u00eetre l&rsquo;\u00e9paisseur de la glace, mais \u00e0 peine perc\u00e9, le trou se referme, la glace se reforme. Petit \u00e0 petit, on s&rsquo;encourage, la curiosit\u00e9 aidant, on s&rsquo;\u00e9loigne de la rive et on s&rsquo;aper\u00e7oit, gr\u00e2ce \u00e0 une petite \u00e9claircie \u00e0 travers le brouillard, que la glace recouvre tout le lac, jusqu&rsquo;\u00e0 Veyrier.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors l&rsquo;amour propre, la fiert\u00e9 aidant, chacun veut se montrer plus courageux que l&rsquo;autre ; on s&rsquo;aventure au large avec bient\u00f4t l&rsquo;impression qu&rsquo;on est plus pr\u00e8s de Veyrier que de Sevrier et comme en face on distingue des gens qui viennent \u00e0 la rencontre, on d\u00e9cide un grand coup et l&rsquo;on file \u00e0 Veyrier que l&rsquo;on atteint sans probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l&rsquo;accueil est parfait \u2026 Dans la joie on f\u00eate l&rsquo;exploit, \u00e0 coup de \u00ab\u00a0gn\u00f4le\u00a0\u00bb (eau de vie). Rendez-vous compte ! \u2026 Traverser le lac d&rsquo;Annecy ! \u2026 \u00e0 pied sec ! \u2026 Un \u00e9v\u00e9nement ! \u2026 n&rsquo;est-ce pas vrai ? \u2026 Comme Mo\u00efse et les h\u00e9breux qui ont pass\u00e9 la Mer rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Ca, \u00e7a s&rsquo;arrose ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9confort\u00e9s pas les veyrolains, r\u00e9chauff\u00e9s par l&rsquo;alcool, avec moins d&rsquo;appr\u00e9hension, on rentre par le m\u00eame chemin et tout fier, on peut raconter \u00e0 Sevrier, cet exploit.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ang\u00e9lus sonne au clocher de l&rsquo;\u00e9glise. C&rsquo;est midi, l&rsquo;heure du repas.<\/p>\n\n\n\n<p>A la maison, toute la famille est \u00e0 table ! \u2026 Et ! \u2026 notre h\u00e9ros qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 conter fi\u00e8rement son exploit se fait vertement r\u00e9primander ; le p\u00e8re se f\u00e2che, le grand-p\u00e8re, la grand-m\u00e8re s&rsquo;en m\u00ealent, crient au suicide et la m\u00e8re scandalis\u00e9e, implore le ciel \u00ab\u00a0Oh ! Grand Dieu, mais qu&rsquo;ai-je donc fait pour avoir un fils aussi stupide\u00a0\u00bb. Et furieuse, enlevant de la table l&rsquo;assiette vide qui attendait notre aventurier, elle ordonne d&rsquo;un ton qui n&rsquo;admet aucune r\u00e9plique : \u00ab\u00a0de suite prends la pioche et casse la glace qui recouvre la cour, pour \u00e9viter un accident\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours passent, le froid devient moins vif, mais il g\u00e8le toujours. Un p\u00e2le soleil se montre et nombreux sont ceux qui s&rsquo;enhardissent \u00e0 faire un tour sur la glace et tiens ! \u2026 quelle surprise \u2026 on aper\u00e7oit m\u00eame quelques uns qui criaient au suicide quelques jours auparavant ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres patinent d\u00e9j\u00e0 dans la baie d&rsquo;Albigny ; ce sont les bourgeois d&rsquo;Annecy, les seuls \u00e0 poss\u00e9der des patins, car pour les paysans, ce luxe n&rsquo;est pas connu bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, des anneciens arrivent par le lac jusqu&rsquo;\u00e0 la ferme auberge Falconnet \u00e0 Chuguet. Entre deux s\u00e9ances de patinage, ils viennent prendre un caf\u00e9, un vin chaud. Les gens du coin regardent, amus\u00e9s, \u00e9voluer les patineurs. Et tout \u00e0 coup, \u00e0 une certaine distance de la rive, brusquement, voil\u00e0 que la glace c\u00e8de sous le poids d&rsquo;un annecien et notre homme dispara\u00eet dans un trou d&rsquo;eau et de glace bris\u00e9e. Par chance, il parvient \u00e0 s&rsquo;agripper au bord et il se met \u00e0 crier \u00ab\u00a0au secours\u00a0\u00bb de toutes ses forces.<\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moins de l&rsquo;accident sont nombreux. Tout le monde crie, s&rsquo;affole \u2026 Mais comment secourir notre homme sans risquer le m\u00eame sort. Un homme seul ne peut le soulever, et \u00e0 plusieurs, le risque est encore plus grand que la glace ne c\u00e8de\u2026 Alors, ce ne serait plus un homme \u00e0 sauver, mais plusieurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le temps presse \u2026 Dans l&rsquo;eau glac\u00e9e, notre naufrag\u00e9 s&rsquo;affaiblit tr\u00e8s vite. Ses appels au secours sont moins forts, moins vigoureux ; il n&rsquo;en peut plus ! Et \u2026 comme les secours humains tardent, et n&rsquo;arrivent pas, tout pr\u00e8s du d\u00e9sespoir, notre homme s&rsquo;adresse \u2026 au Ciel, dans des invocations d\u00e9chirantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Grand Dieu, ayez piti\u00e9<br>J\u00e9sus Christ sauvez-moi<br>Sainte Vierge Marie secourez-moi<br>Saint Joseph, pensez \u00e0 ma femme<br>Sainte Jeanne de Chantal, pensez \u00e0 mes enfants,<br>Saint Fran\u00e7ois de Sales,<br>Sainte Honorine,<br>Sainte Marguerite,<br>Sainte Roseline, Sainte Gertrude, Sainte Judith,<br>Et puis Saint Blaise, et puis \u2026.<br>Et puis \u2026 etc. etc.<\/p>\n\n\n\n<p>et tous les saints du paradis y passent<\/p>\n\n\n\n<p>et beaucoup m\u00eame plusieurs fois<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants de Letraz, Chuguet, Le Cr\u00eat, qui ont assist\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne en t\u00e9moignent, la main sur le c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les invocations de notre patineur ? \u2026. Aussi bien, sinon beaucoup mieux que les litanies des Saints le jour des Rogations et avec beaucoup plus de ferveur. On n&rsquo;ose pas dire une pri\u00e8re \u00ab\u00a0ardente\u00a0\u00bb puisque le pauvre homme \u00e9tait dans l&rsquo;eau glac\u00e9e, mais une pri\u00e8re d&rsquo;une sinc\u00e9rit\u00e9 et d&rsquo;une application sans \u00e9gale, impossible de faire mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t, le malheureux est tellement faible qu&rsquo;il n&rsquo;a plus la force de parler, ses paroles ne sont plus que faibles murmures \u2026 inaudibles \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, les paysans du coin ont eu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;aller chercher des \u00e9chelles, de longues \u00e9chelles dont on se servait beaucoup pour cueillir les cerises, abondantes dans le pays. Ils les attachent bout \u00e0 bout, les couchent sur la glace et les poussent au-dessus du trou, de fa\u00e7on qu&rsquo;elles prennent appui sur une grande surface.<\/p>\n\n\n\n<p>Un courageux, encord\u00e9, lui-m\u00eame s&rsquo;aventure pr\u00e8s du naufrag\u00e9 et r\u00e9ussit \u00e0 lui passer une corde sous les bras.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait grand temps ! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est un homme, \u00e0 demi-mort, presque inconscient qu&rsquo;on tire du trou de glace. Ceux qui sont tr\u00e8s pr\u00e8s croient entendre une imperceptible et derni\u00e8re pri\u00e8re : \u00ab\u00a0Doux J\u00e9sus, C\u0153ur de Marie, ayez piti\u00e9\u00a0\u00bb. Et il perd connaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre son \u00e2me est-elle pr\u00e8s de ceux et celles qu&rsquo;il invoquait avec une admirable ferveur ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est pour cela que, discr\u00e8tement mais avec foi \u2026 quelques vieilles et pieuses demoiselles des alentours, sortent leur chapelet, qu&rsquo;elles r\u00e9citent en silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Vite, on le porte \u00e0 la ferme la plus proche, on lui enl\u00e8ve ses v\u00eatements qui sont d\u00e9j\u00e0 gel\u00e9s sur lui, on le r\u00e9chauffe, on le frictionne avec de la \u00ab\u00a0gn\u00f4le\u00a0\u00bb et \u00e0 tour de r\u00f4le, on frotte, on masse, on re-frictionne, devant, derri\u00e8re, dessus, dessous ; pas un coin o\u00f9 des mains vigoureuses \u00ab\u00a0ne passent et repassent\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ! \u2026 on dirait que les paupi\u00e8res fr\u00e9missent \u2026 mais oui \u2026 elles ont tendance \u00e0 s&rsquo;entrouvrir \u2026 C&rsquo;est s\u00fbr ! \u2026 Pas de doute, il revient ! \u2026 Est-ce les massages ? \u2026 Est-ce la \u00ab\u00a0gn\u00f4le\u00a0\u00bb ? Ou \u2026 le chapelet des demoiselles ? \u2026 Qu&rsquo;importe ! \u2026 Peut-\u00eatre un peu des trois ? \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors on redouble d&rsquo;efforts et notre homme finit par ouvrir les yeux, il essaye de parler, ses l\u00e8vres remuent et comme il desserre les m\u00e2choires on en profite pour lui administrer une g\u00e9n\u00e9reuse ration de \u00ab\u00a0gn\u00f4le\u00a0\u00bb, car apr\u00e8s l&rsquo;ext\u00e9rieur, il ne faut pas du tout n\u00e9gliger l&rsquo;int\u00e9rieur, c&rsquo;est bien connu, pas vrai ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et le r\u00e9sultat est tr\u00e8s rapide, tr\u00e8s net. Notre mort, il tousse deux trois bons coups, rel\u00e8ve la t\u00eate, examine tout autour de lui, se frotte les yeux, essaye de parler, puis pousse un tr\u00e8s gros soupir.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 coup, il se redresse et \u2026 d&rsquo;une voix tr\u00e8s forte, il s&rsquo;exclame hors de lui :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Sacr\u00e9 nom de Dieu, milliards de bordels de Dieu. Je m&rsquo;en souviendrais de celle-l\u00e0 !..\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Braves paysans, d\u00e9votes demoiselles, voilez-vous la face. Oh , Seigneur, ayez piti\u00e9, pardonnez ! .. Et vous tous, les saints et les anges, rendez service aux hommes, voil\u00e0 le remerciement.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien des ann\u00e9es apr\u00e8s, cette aventure par Letraz, le Cr\u00eat, Chuguet, quand on parlait d&rsquo;une personne qui oublie tr\u00e8s vite les services rendus, on disait d&rsquo;elle :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oh, \u00e7a doit \u00eatre un annecien ou ! \u2026 un proche parent\u00a0\u00bb et cette sentence resta pour la post\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire absolument authentique, je l&rsquo;ai tellement entendue que je la sais par c\u0153ur. J&rsquo;ai rapport\u00e9 fid\u00e8lement tout ce que les vieux m&rsquo;ont dit, mais rien que ce qu&rsquo;ils m&rsquo;ont dit. Et mon grand-p\u00e8re Eug\u00e8ne avec ses amis me disaient souvent, sans aucune vantardise : \u00ab\u00a0tu vois malotru, nous avons travers\u00e9 le lac d&rsquo;Annecy \u00e0 pieds sec\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Auteur de ce r\u00e9cit : Henri GURRET<br>Transcription : Monique LAMY<br>Illustration : Andr\u00e9 PERROT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, croyez-moi, il avait fait froid ; comme on dit chez nous \u00ab\u00a0\u00e0 pierre fendre\u00a0\u00bb. Je ne sais si les pierres s&rsquo;\u00e9taient fendues, mais ce qui est s\u00fbr et certain, c&rsquo;est qu&rsquo;en cet hiver 1890, le lac d&rsquo;Annecy gela. 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